Chants d’honneur, chants d’horreur

Chants d’honneur, chants d’horreur

Trois personnages, Rémi, Jean, Emile, musiciens, l’un politisé, l’autre s’en fichant et enfin le troisième patriote. Trois univers qui se côtoient et s’entrechoquent au fil du spectacle, pour ne surtout pas proposer une vision unilatérale et convenue de ces soldats.

Le jeu, la musique, les chants sont intimement mêlés. Des chansons de guerre patriotiques ou bluettes sentimentales qui viennent remplacer le verbe parlé quand la parole se fait insuffisante.
L’histoire commence par un baptême et se finit par un enterrement, avec un mariage entre les deux – symboliquement les trois étapes marquant la vie d’un homme – pour ne pas oublier que la vie continue loin du front.
Le décor change au fil du spectacle : estrade qui deviendra couloir, train, théâtre, tranchée, cimetière…

LES PERSONNAGES

Le format du spectacle (65 min), les allers-retours entre chant et texte, le déroulement linéaire, imposaient une dramaturgie simple.
Les personnages sont représentatifs d’un sentiment, d’un code, d’une vision, celle-ci se verra finalement ébranlée par les événements. Cette bascule se fera d’une façon violente, et non graduellement, ce n’est pas une prise de conscience mais un choc brutal devant la réalité.
Les personnages se connaissent depuis des années, ils travaillent et vivent ensemble, ils ont déjà un passif sentimental et professionnel. Ce qui permet d’avoir des tensions larvées et une base solide de rapports. Les sentiments sont verbalisés, les effusions se font sans tabous.

Le Rémi : coqueluche du village, jouisseur, vit uniquement l’instant présent, sans amour, sans passions, subit l’événement avec entrain… il représente cette jeunesse partie au front sans se poser de questions. La bascule se fait quand ses amis se battent.

Jean Rochette : le plus âgé des trois, le seul a être marié. Il représente l’esprit critique. Le plus politisé des trois (le seul en fait). Sans être antimilitariste, il a conscience de la folie de cette guerre. La bascule se fait à la mort de son ami.

Émile Bastide : le seul à partir avec joie, parce que l’heure de la Revanche a sonné. Animé d’un réel sentiment nationaliste, il veut en découdre mais que cette guerre finisse vite, car au pays l’attend celle qu’il aime. Le plus attaché aux valeurs fondamentales. La bascule se fait à la réception de la lettre lui annonçant le mariage de son aimée.
Durée : 65 min
Distribution : mise en scène d’Olivier Costa
Comédiens : Olivier Costa – Clément Baudry – Richard Huet